Ce rapport évalue la mise en oeuvre des formations maritimes et des métiers de l’économie bleue dans les outre-mer et explore les perspectives de leur développement. La mission, commandée par la ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, la ministre déléguée chargée des outre-mer et le secrétaire d’État chargé de la Mer et de la Biodiversité en juin 2024, s’inscrit dans la volonté de renforcer l’économie bleue et de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes ultramarins. La mission a étudié, dans ce contexte, la situation de la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, la Réunion et Wallis-et-Futuna.
L’économie bleue en outre-mer est un secteur important mais difficile à quantifier, marqué par une grande diversité d’activités (pêche, transport maritime, tourisme nautique mais aussi construction navale ou logistique, etc.). Elle est essentielle pour le développement durable et l’autonomie de ces territoires. Cependant, elle fait face à des défis tels que le vieillissement des marins, une ressource halieutique limitée, des filières de commercialisation restreintes et une méconnaissance des métiers de la mer et du maritime. Les statistiques disponibles sont souvent obsolètes, ce qui rend difficile une estimation précise des besoins. La mission souligne la nécessité de mieux faire connaître les métiers de la mer et du maritime, de les rendre plus attractifs et d’améliorer le niveau de qualification.
Le rapport distingue les formations maritimes (pour les navigants, relevant des conventions STCW1 et STCW F2 de l’Organisation maritime internationale [OMI]) des formations aux métiers de la mer (autres métiers de l’économie bleue).
L’initiation à la mer est encouragée par des dispositifs comme les classes de mer, les classes enjeux maritimes (CEM), les aires marines éducatives (AME), la marée découverte, et le Brevet d’initiation à la mer (BIMer). Ces initiatives visent à acculturer les jeunes au milieu marin et à susciter des vocations dans nombre de ces territoires où la mer ne fait souvent pas partie de la culture et des pratiques hormis pour les loisirs. Des salons d’orientation et des portes ouvertes d’établissements complètent ce dispositif.
Concernant les formations de navigants, elles sont encadrées par des règles internationales et nécessitent des certificats STCW spécifiques. Le réseau de formation français comprend des lycées professionnels maritimes (LPM) et des centres agréés. Le rapport constate que peu de formations initiales de navigants sont dispensées en outre-mer. Les formations continues sont nombreuses (40 types différents), mais un déficit important est constaté concernant les fonctions essentielles aux pratiques maritimes locales, notamment les qualifications de Capitaine 200, matelot, mécanicien 250 kW, et mécanicien 750 kW., Les professionnels peinent, de surcroît, à renouveler leurs certificats, ce qui complique davantage la situation. L’attribution de dérogations n’est pas une solution acceptable au regard des réglementations internationales et de l’objectif d’élévation de la qualification des gens de mer.